vendredi, 19 avril 2019

Affaire Canta Production – Koffi Olomidé/KOFFI OLOMIDÉ, depuis Kinshasa : “J’ai espéré qu’on trouverait une solution avant de continuer”

Une semaine après le concert interrompu du 26 décembre dernier, Koffi Olomidé a appelé Top Visages pour donner des explications sur ce qui s’est passé et présenter ses excuses au public ivoirien.koffi olomide sexplike Dans l’échange que nous avons eu avec lui, il affirme qu’en arrêtant de chanter, il avait espéré que l’organisateur du spectacle viendrait le voir afin de trouver une solution. Puis, il insiste pour dire qu’il n’a jamais déclaré qu’il était «intouchable».

  • L’interruption du concert du 26 décembre a choqué les Ivoiriens. Dites-nous, en vérité, qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’avez-vous dit avec les organisateurs avant ce concert ?

– Nous avons discuté eux et moi. J’ai demandé 12.000 euros pour le filmage de mon concert. Ils m’ont dit que 12.000 euros, c’étaient trop pour eux. Donc, ils préféraient ne pas filmer ma prestation. Puis, après, ils m’ont dit vouloir faire une captation à but non commercial. Mais je n’ai pas accepté du tout ça, parce que c’est mon image, mes chansons. Et j’ai été clair, car si je suis filmé, ils vont payer mes droits. D’ailleurs, vous avez lu, la directrice du BURIDA a rappelé dans sa déclaration sur les réseaux sociaux que personne n’a le droit de filmer un artiste sans son accord. Pour quelque usage que ce soit. Cela est écrit noir sur blanc. C’est assez clair sur la question. Et moi, je suis un professionnel dans mon métier. Plusieurs autres jeunes artistes regardent dans ma direction. Au départ, lorsque j’ai posé le problème de droit d’images, M. Ouattara (Dg de Canta Production, Ndlr) a demandé combien je souhaitais avoir pour être filmé. Donc, cela veut dire qu’il sait que c’est payant. Et dans la suite des échanges, j’ai encore les messages écrits de Romy Roméo du staff de M. Ouattara qui disent qu’ils ont décidé ne pas me filmer parce que le cachet que j’ai exigé était trop élevé. Maintenant, ce qui s’est passé, ça va faire jurisprudence. Parce que beaucoup d’artistes se sont fait abuser. C’est pourquoi partout en Côte d’Ivoire et dans les au-tres pays du continent africain, les artistes ne doivent pas se faire filmer sans avoir perçu leurs droits.

  1. Ouattara savait pourquoi je n’ai pas continué de jouer. Parce que sans mon accord ou un contrat écrit à ce sujet, ses caméras ne pouvaient pas me filmer en concert. C’est pour cela qu’il n’est pas venu sur le podium. J’entends des gens dire que j’ai fui du pays. C’est faux ! Je suis passé normalement à l’aéroport pour rentrer chez moi à Kinshasa. Les gens ont essayé de séquestrer mes musiciens dans leur hôtel. Heureusement, la Côte d’Ivoire est un pays de droit, le pire a été évité. Et ceux-ci m’ont rejoint tranquillement. Donc, je suis prêt à revenir en Côte d’Ivoire. Maintenant, s’il (Ouattara) veut aller chez le juge pour régler cette affaire, je suis prêt à y aller pour tirer les choses au clair.
  • Pourquoi avez-vous accepté de monter sur la scène, de commencer à jouer alors que les caméras étaient là ?

– Au départ, j’avais confiance, sur la base de la parole de M. Ouattara. Il m’avait assuré que je ne verrais pas de caméra me filmer. Donc, je n’avais aucune raison de douter de lui. C’est lorsque je suis monté sur la scène que j’ai vu toutes les caméras qui étaient installées. A cet instant, je ne pouvais pas faire autrement, puisque j’étais face au public ivoirien que j’aime. Sans oublier que la Côte d’Ivoire m’a adopté depuis le début de ma carrière. Mettez-vous à ma place. Alors, j’ai décidé de chanter pour quelque temps. En me disant que, certainement, M. Ouattara viendrait me rejoindre pour me donner son accord afin que je puisse terminer le concert. Et par la suite, nous allions régler cette affaire de droit de filmage. Je vous jure que c’est à cela que j’ai pensé. Malheureusement, il est resté dans sa logique jusqu’à ce que les choses prennent une autre tournure. Quand John Jay l’a approché pour lui expliquer la situation, il a confié à John Jay qu’il était fatigué de Koffi.

  • Pour le respect du public, vous auriez dû continuer votre prestation et régler le problème après, non ? 

– Ecoutez, quand j’ai arrêté ma prestation, je n’ai pas quitté la scène aussitôt ! Je suis resté sur le podium pendant plus de 15 minutes. Et John Jay est venu me trouver là. J’ai appelé M. Ouattara, il n’est pas venu me retrouver. Même le public a aussi scandé son nom, mais il est resté indifférent.

Mais je voudrais surtout qu’on retienne que je n’ai pas déclaré à qui que ce soit que je suis intouchable en Côte d’Ivoire. Je respecte beaucoup de personnes dans le pays. Je ne peux pas dire ce genre de chose pour ce pays qui m’accueille depuis près de 30 ans. Je n’ai jamais rencontré de problème dans ce pays quand je viens pour un spectacle.

  • Pourquoi êtes-vous reparti à Kinshasa plus tôt que prévu au lieu de rester pour régler l’affaire ?

– Lorsque je suis arrivé à l’hôtel, j’ai appelé toute la nuit M. Ouattara, il n’a pas répondu. Je pensais avoir affaire à un partenaire, voire un ami. Mais il m’a montré qu’il a du mépris pour les artistes. Il ne m’a jamais rappelé.

  • On dit que vous avez fui, puisque vous êtes retourné sans vos musiciens ?

– Noon ! Ce n’est pas quelqu’un qui peut interdire de sortir d’un pays. C’est la justice qui peut le faire. C’était la période des fêtes et je devais fêter la Noël avec ma famille. J’ai respecté un contrat pour venir jouer le 26 décembre en Côte d’Ivoire. Je suis donc retourné dès le lendemain pour être auprès de ma famille.

Par la rédaction

 

Olomidé :«Je ne me suis jamais vanté d’être intouchable»

«Je voudrais, devant toute la Côte d’Ivoire, apporter un démenti aux allégations qui ont été relayées dans la presse ces jours-ci me concernant. Je n’ai déclaré nulle part et à qui que ce soit que j’étais intouchable en Côte d’Ivoire. C’est un gros mensonge dans le but de me salir, dans le but de me brouiller avec mes nombreux amis en Côte d’Ivoire. Et, en premier lieu, avec son excellence le ministre d’Etat Hamed Bakayoko. Que celui à qui j’aurais dit cela lève le doigt. M. John Jay a menti. Il est venu sur la scène pendant l’arrêt du concert et il m’a posé la question de savoir ce qui se passait. Je lui ai demandé d’appeler M. Ouattara pour qu’on trouve un terrain d’entente. Il a commencé à appeler lui-même Ouattara au micro. Tout le monde l’a entendu. Et Ouattara n’est jamais venu. Et après, quand je suis monté dans la voiture, je ne l’ai (John Jay) plus jamais revu. A aucun moment, je ne lui ai parlé d’Hamed Bakayoko. A aucun moment, je n’ai affirmé que j’étais intouchable ou au-dessus des lois en Côte d’Ivoire. Ça ne me ressemble pas. Je suis un intellectuel. Tout le monde dit que je suis intelligent. Et les gens ne se trompent pas en disant cela. Donc, je ne suis pas bête au point de dire des conneries de ce genre. La vérité c’est quoi ? Comme l’a dit la directrice du BURIDA (Bureau ivoirien du droit d’auteur, ndlr), l’artiste a des droits sur son image. Et ces droits doivent être respectés. C’est-à-dire, si un producteur qui organise un concert, veut les images de l’artiste, cela doit être mentionné dans un contrat. L’artiste a le droit de poser ses conditions. Dans le cas qui nous concerne, que tout le monde le sache : on avait évoqué la question d’images. J’ai même les écrits du staff de M. Ouattara. Au début, ils ont été d’accord et puis après, ils ont trouvé que ce que je demandais, c’est-à-dire 12.000 euros (7.860.000 FCFA : ndlr) était trop cher pour eux. Ils ont écrit qu’ils ne voulaient pas filmer et que je pouvais ne pas jouer si je voyais une seule caméra en train de filmer. Alors que M. Ouattara avait déjà organisé une location de matériels professionnels de filmage. Mais il ne m’en a pas dit un seul mot jusqu’au moment où je suis monté sur la scène. Donc, il a cru bien faire de payer pour la location d’un matériel et payer des professionnels de filmage, mais pas pour l’artiste, pour son droit à l’image, ses œuvres, etc. Il faut que tout le monde comprenne ce qui se passe : la stratégie de M. Ouattara ce jour-là était la suivante : il était sûr que Koffi (Olomidé) devant son public, devant le grand public qui devait venir à ce concert, ne pourrait jamais refuser de chanter comme il l’avait dit. Parce qu’il m’avait dit et je répète : M. Koffi, si vous voyez une seule caméra, vous pouvez ne pas chanter. Il voulait me piéger parce qu’il savait que Koffi se sentirait obligé de chanter face aux nombreux spectateurs. Et donc, il a voulu jouer sur cela. J’ai compris son jeu.

Je demande pardon au public qui était là. Mais je lui demande de comprendre qu’il ne faut pas que nous laissions libre cours à cette façon de procéder. Si j’avais cédé à cette manipulation, tous les autres artistes après moi seraient tombés dans le même piège. Que le public comprenne bien cela. En même temps que je présente mes profonds regrets au public, je lui demande son indulgence, son pardon pour avoir arrêté le concert. Mais ce n’était pas de gaieté de cœur. Où avez-vous déjà vu ça ? Un producteur qui a payé un artiste pour chanter, pour faire un concert, l’artiste commence à chanter et au bout de quarante minutes, il s’arrête de chanter. Et le producteur ne vient même pas lui demander pourquoi il arrête de chanter ? L’artiste a-t-il eu un malaise ? Ou qu’est-ce qui se passe ? M. Ouattara, non seulement, ne m’a pas posé la question, mais quand on l’a appelé au micro et que le public a commencé à scandé « Ouattara, Ouattara », il n’est pas venu. M. John Jay est venu à côté de moi et il a fait la même chose au micro, il n’est jamais venu. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, M. Ouattara qui prétend être dans ses droits, ne m’a pas appelé, ne m’a pas envoyé de message, rien du tout. Comment pouvez-vous expliquer cela ? Moi je devrais porter plainte. Mais sur conseils de certaines personnes, j’ai retiré ma plainte.

J’aime la Côte d’Ivoire. J’aime les Ivoiriens. Et cela date de plus de 25 ans. J’ai fait beaucoup de concerts en Côte d’Ivoire. Je n’ai jamais, jamais eu de problème. J’ai honoré tous mes concerts. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer à ne pas les honorer, à l’âge que j’ai. Je suis une référence dans le milieu du show-biz. Et, à mon âge, il y a des choses que je ne peux pas faire».

KOFFI OLOMIDE

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