jeudi, 23 novembre 2017

Arrêté après avoir brulé un billet de franc CFA, Kemi Seba sera jugé mardi prochain

Arrêté après avoir brulé un billet de franc CFA, Kemi Seba sera jugé mardi prochain
Arreté ce vendredi 25 Août à Dakar pour avoir brûlé un billet de 5000 cfa en date du 19 Août, Kemi Seba devrait comparaître ce mardi 29 Août devant le tribunal des flagrants délits.

Le président de l’ONG Urgences Panafricanistes, Kemi Seba, a été placé sous mandat de dépôt vendredi soir, à la prison centrale de Rebeuss, au terme d’une journée de garde à vue devant les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC). Il lui est reproché d’avoir brûlé un billet de 5 000 Fcfa lors d’un rassemblement, le 19 août à Dakar.

« Nous sommes en train de constituer un pool d’avocats. Nous organiserons une conférence de presse et des mobilisations à Dakar à la veille du procès » a indiqué à nos confrères de Jeune Afrique le coordinateur stratégique de l’ONG, Hery Djehuty. Kemi Seba était également assisté durant sa garde à vue par Me El Hadji Diouf, l’un des principaux ténors du barreau sénégalais.

Celui qui se définit sur sa page Facebook comme « résistant africain » et « penseur panafricaniste » avait été interpellé à son domicile dakarois, vendredi 25 août au matin. Cette procédure fait suite à un rassemblement « contre la Françafrique » organisé par son ONG le 19 août sur la place de l’Obélisque, à Dakar, au cours duquel Kemi Seba avait publiquement brûlé un billet de 5 000 Fcfa pour dénoncer cette monnaie qu’il qualifie de « scandale économico-politique d’ordre colonial ».

Une provocation assumée, dont l’auteur connaissait les risques. Dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques heures avant son interpellation, il avait en effet posté un message sur sa page Facebook, intitulé “Franc CFA : La BCEAO porte plainte pour le billet colonial que j’ai brûlé”,

Le porte-parole de la BCEAO que Jeune Afrique a tenté de joindre, en vain vendredi, n’a pu confirmé que la banque était à l’origine de la plainte. Le Sénégal dispose en effet de la prérogative d’engager lui-même des poursuites, puisque l’article 411 du code pénal prévoit que « quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de changes, effets de commerce ou de banque(…) Si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets de commerce ou de banque, la peine sera d’un emprisonnement de cinq ans à dix ans ».

Cet ancien leader de la Tribu Ka, un groupuscule suprémaciste qui avait été dissous par le gouvernement français en 2006, a connu plusieurs fois l’univers carceral en France dans les années 2000.

Depuis 2011, Kemi Seba résidait au Sénégal où il exerçait en tant que « polémiste » dans Le Grand Rendez-Vous, un talk Show de la 2STV.

Le franco-béninois affirme avoir révisé son combat. « En voyageant et en prenant de l’âge, mon combat s’est déracialisé. Nous sommes passés d’une contestation identitaire à une contestation sociale, et même géopolitique. » déclarait-il à Jeune Afrique.

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