jeudi, 23 novembre 2017

« Avec ses 58 ans de plus que moi, cet homme m’a appris à aimer et à être aimée »

Avec ses 58 ans de plus que moi, cet homme m’a appris à aimer et à être aimée
Élevés par notre mère, nous avons appris très tôt à nous battre pour nous en sortir. Je n’ai pas pu faire de longues études en raison des moyens limités de maman. J’ai dû quitter l’école en classe de 4 ème pour me débrouiller en faisant de la couture. Je souhaitais ouvrir mon propre atelier, un jour.

Célibataire et sans enfant, je rêvais comme toute jeune fille d’une belle vie, avec un homme charmant qui m’aimerait et me rendrait heureuse. Je voulais aussi réussir dans ma vie, grâce à mes propres efforts. Cela était devenu une obsession pour moi. J’avais une passion pour le mannequinat. J’ai eu la chance d’être une personne de grande taille, car je fais 1m83 et les gens me trouvent belle. Très tôt d’ailleurs, beaucoup de personnes m’ont encouragée à me présenter aux élections Miss Côte d’Ivoire. Mais je refusais à chaque fois, parce que j’avais peur d’échouer. Il faut dire qu’à ce moment-là je ne me faisais pas assez confiance. Même ma patronne a essayé de me convaincre de participer au concours, sans succès.

En revanche, je voulais faire le mannequinat. C’est à cela que je rêvais. Comme ma patronne avait des connaissances dans ce milieu, c’est elle qui m’a donné un coup de pouce. De temps en temps, elle me mettait en contact avec des couturiers à la recherche de filles pour défiler. Cela m’a aidé à avoir une assurance et à prendre un peu confiance. Petit à petit, je me suis fait des amis dans ce milieu et j’étais régulièrement invitée aux défilés. Cela m’a permis d’épargner un peu d’argent, afin de louer un appartement, de venir en aide à ma mère, mes frères. Je rêvais d’une vie meilleure pour nous tous.

Si je vous parle de mon histoire, c’est à cause d’une rencontre qui a changé ma vie. Malheureusement, cela a donné lieu à diverses interprétations. Je tiens à apporter ma version des faits à tout ce que les gens ont raconté dans mon entourage pour me salir. Ces ragots m’ont beaucoup fait souffrir. En effet, j’ai eu un petit ami quelque temps après avoir commencé ce métier. Notre relation était sincère au départ. En tous cas, je l’aimais. Seulement voilà, au bout d’un moment, il a commencé à changer de comportement. Il est devenu jaloux. Etant donné que je rentrais souvent tard la nuit, après certaines cérémonies, des amis venaient me déposer. Voyant cela, mon copain a commencé à me soupçonner, au point de devenir insupportable.

Pour un rien, il me battait. A cause de cela, j’ai perdu mon premier bébé : j’ai fait une fausse couche. Je ne sais pas si ce sont les coups ou le stress qui a été à l’origine de cette perte, puisqu’il me frappait pendant la grossesse. C’est la perte de mon enfant qui m’a ouvert les yeux sur ce calvaire que je vivais. J’ai donc décidé de le quitter. Malgré tout, j’ai souffert de cette séparation. Parce que mon amour pour cet homme était grand. Malheureusement, la jalousie lui a fait perdre la tête.

Ce n’est que peu de temps après que j’ai fait une nouvelle rencontre. Il s’agissait d’un Italien. Le premier jour, il m’a invitée à prendre un verre. Ça a été un moment très sympathique et il m’a un peu parlé de lui. A la fin, nous avons échangé les contacts. Nous nous sommes revus à plusieurs reprises et c’est comme ça que nous avons appris à nous connaître. Jusqu’à ce que nous nous mettions ensemble. Là n’est pas le problème. Cet homme qui a partagé ma vie durant 6 ans avait 79 ans.

J’avais 21 ans lorsque nous nous sommes rencontrés. Il y a une différence d’âge de 58 ans ! C’est ce qui sautait aux yeux des gens qui nous voyaient ensemble. Sans chercher à comprendre, les ragots se sont déchaînés ! On a raconté par exemple que j’étais avec lui à cause de son argent. Pourtant, je ne savais pas trop de choses concernant Alfonso à part qu’il était veuf. Il est venu en Côte d’Ivoire dans les années 80 après sa retraite. Il dirigeait une petite imprimerie en Zone 4 et des pâtisseries. Ses enfants venaient rarement le voir. Il vivait seul.

Mais auprès de cet homme, j’ai trouvé un grand réconfort. Il avait une sagesse, une patience et une conception de l’amour au bon sens du terme. Il avait été marié 4 fois. C’est lui qui m’a appris que ses ex-compagnes se sont montrées beaucoup plus intéressées par son argent qu’à leur relation. Avec moi, il disait que c’était différent.

Pour nous, l’âge était simplement un nombre et qui n’entrave pas notre amour. En plus, je pense qu’en la personne d’Alfonso, j’ai eu un bon professeur qui m’a appris à aimer et à être aimée. Il s’intéressait à ce que je faisais, il m’apportait ses idées, son soutien. Il ne manquait aucune occasion pour me prouver son amour.

Hélas, cela a pris fin avec son décès 6 ans plus tard. Ce qui a apporté de l’eau au moulin de ceux qui ont dit que je me suis mise avec lui à dessein, de sorte à pouvoir bénéficier de son argent une fois qu’il ne serait plus là. On a même raconté que je l’aurais empoisonné. Cela m’a fait mal en l’apprenant. Je sais qu’il existe des jeunes filles qui ne veulent rien faire de leurs dix doigts. Mais jamais, je n’ai attendu que les choses me tombent du ciel.

Je me permets de témoigner parce que mon amour était pur, désintéressé. Je suis désolée pour ceux qui ont colporté ces rumeurs sur mon compte. C’est Dieu qui jugera. Pour ma part, je n’en veux particulièrement à personne.

Photo d’illustration

Source : topvisage.com

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