Crise à l’université : les étudiants forcent les portes des cités universitaires

crise a luniversite de ouagaLe vendredi 2 octobre 2015, les étudiants résidant dans les cités universitaires de la ville de Ouagadougou ont manifesté en donnant un ultimatum aux autorités universitaires. Objectif, exiger la réouverture des cités universitaires. L’ultimatum imposé à l’administration s’étant achevé à 13h30minutes, les résidants ont finalement forcé les portes pour intégrer les cités universitaires.

Jeudi 1er octobre 2015, c’est la date officielle de réouverture des cités selon Justin Zida, coordonnateur général des cités universitaires. En effet, chaque année, les cités universitaires du Burkina Faso sont fermées du 1er août au 30 septembre mais généralement, les étudiants peuvent intégrer les cités avant la date du 1er octobre c’est-à-dire à partir du 25 septembre.

Cependant, avec la crise, la rentrée universitaire est reportée au 8 octobre 2015. Et de l’avis des délégués des cités universitaires, l’administration du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) s’est conformée à cette nouvelle décision sans informer au préalable les résidents qui pouvaient habituellement intégrer les cités dès le 25 septembre 2015.

Dans cette optique, les étudiants, n’ayant pas accès aux cités universitaires ont décidé de réagir. Le 30 octobre 2015, le délégué général adjoint de la cité universitaire de la Patte d’Oie, Legrené Seidou, dit avoir échangé avec Yacouba Ouédraogo, directeur régional du CENOU sur la question de la réouverture des différentes cités universitaires. L’échange avec le directeur régional aurait abouti à un engagement de ce dernier de poursuivre les négociations avec le directeur général du CENOU. Toutefois, Yacouba Ouédraogo a suggéré que les délégués échangent à leur tour avec le directeur général du CENOU, à qui revenait le dernier mot.

C’est alors que le 1er octobre 2015, le coordonnateur général et les délégués des cités universitaires ont poursuivi les négociations avec le directeur régional du CENOU. Selon Legrené Seidou, le directeur régional a une fois de plus tenu les mêmes propos, c’est-à-dire que la décision de la réouverture des cités universitaires revenait au directeur général du CENOU. A cet effet, les délégués allés à la rencontre du directeur général ne l’ayant pas trouvé sur les lieux, disent avoir laissé une note précisant l’urgence de réagir par rapport à leurs préoccupations. Certains étudiants ont déjà quitté les provinces, d’autres évoquent des devoirs pour la reprise.

En réponse à la note laissée, le directeur général du CENOU aurait contacté le coordonnateur général par téléphone. Le directeur général aurait avancé la raison sécuritaire pour le report de la réouverture des cités universitaires au 08 octobre 2015. Selon Ghislain Toé et Legrené Seidou, respectivement délégué des cités universitaires « la chinoise » et de la Patte d’oie, le directeur général leur a aussi fait comprendre qu’il n’avait pas assez de temps pour les recevoir. Les délégués quant à eux, disent avoir fait part de l’intention des résidents des cités universitaires de passer par la manière forte.

A la suite des échanges avec les différents directeurs, les délégués et les résidents ont tenu une assemblée générale au soir du 1er octobre 2015. Les délégués disent avoir pris la résolution de poursuivre les négociations avec le directeur général du CENOU à la cité de Kossodo. Le 2 octobre 2015, le directeur général absent de la cité Kossodo, ayant été informé de la présence des étudiants, a contacté un des délégués par téléphone demandant aux étudiants de se rendre à la direction régionale. Ces derniers refusent de s’y rendre, jugeant qu’ils n’avaient plus à faire au directeur régional mais au directeur général. « C’est alors que le directeur général du CENOU nous a intimé l’ordre de quitter les lieux au risque de voir intervenir la gendarmerie », soutient Toé Ghislain, délégué de la cité universitaire « la chinoise ».
Par la suite, ce fut le directeur régional qui s’est rendu sur les lieux. Les étudiants quant à eux avaient pris la résolution de se faire entendre. Les résidents et les délégués ont en effet séquestré la secrétaire général du CENOU, la secrétaire du DG et deux autres membres de l’administration. Après négociations avec le directeur régional qui a proposé que les étudiants intègrent les cités le 5 avril 2015, afin de leur permettre d’honorer les frais de logement au niveau de la comptabilité, les résidents ont rejeté la proposition.

C’est alors que les étudiants ont imposé un ultimatum au directeur régional chargé de poursuivre les négociations avec le directeur général. L’ultimatum s’est achevé à 13h30, les étudiants ont décidé de réagir quand jusqu’à 17heures, ils disent n’avoir pas eu de réponse favorable. « Nous avons fait un mouvement d’ensemble et nous avons ouvert les portes d’abord à la cité universitaire de Larlé pour les filles, ensuite à la cité chinoise, et enfin à la cité de la patte d’oie » selon Legrené Seydou.
Les étudiants ont donc intégré les cités universitaires et attendent la date du 8 octobre pour la rentrée universitaire et l’ouverture du restaurant.

 

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