dimanche, 21 juillet 2019

En Italie, le décès de cinq femmes en maternité en une seule semaine inquiète

Cinq femmes sont décédées en fin de grossesse ou en couches entre le 25 et le 31 décembre dernier, dans plusieurs régions italiennes. Ces décès ont soulevé des questions sur le niveau des effectifs des maternités en période de fêtes.

Le ministère italien de la Santé a ordonné l’ouverture de plusieurs enquêtes après la mort en fin de grossesse ou en couches de cinq femmes en une semaine, des décès qui ont choqué en Italie, pays ayant l’un des taux de mortalité périnatale les plus faibles au monde.

Ces femmes sont décédées entre le 25 et 31 décembre, dans plusieurs régions italiennes. La concentration de ces événements tragiques a choqué le pays et soulevé des questions sur le niveau des effectifs des maternités en période de fêtes. Des médecins se sont aussi demandé si les femmes aux grossesses tardives, et donc davantage à risque, étaient l’objet d’une surveillance adéquate.

Giovanna Lazzari, une Italienne de 29 ans et déjà mère de deux enfants, est morte enceinte de huit mois à Brescia, dans le nord de l’Italie, le 31 décembre, au lendemain de son admission aux urgences pour une forte fièvre avec des symptômes de gastro-entérite, selon son compagnon, Roberto Coppini. Une césarienne a été tentée alors que son état s’aggravait mais la mère comme l’enfant sont morts.

« Comprendre s’il y a eu des défaillances »

« Il faudra que quelqu’un m’explique ce qui s’est passé », a dit son compagnon à la presse, « Giovanna m’a envoyé un message dans la nuit pour me dire qu’elle avait de fortes douleurs mais que les médecins ne s’occupaient pas d’elle ». La ministre de la Santé Beatrice Lorenzin a envoyé une équipe d’experts à la clinique de Brescia et dans les maternités où sont survenus trois des quatre autres décès de futures mères.

« Nous devons comprendre si les procédures appropriées ont été suivies ou s’il y a eu des défaillances dans l’organisation », a dit la ministre, soucieuse d »‘éviter de nouvelles tragédies ». Deux autres femmes, âgées de 35 et de 39 ans, sont décédées d’arrêt cardiaque alors qu’elles accouchaient d’enfants morts-nés. Une quatrième femme, Anna Massignan, un médecin de 34 ans de Lonigo, dans le nord, est décédée le jour de Noël, après une césarienne d’urgence des suites d’une chute. Son bébé est décédé quelques heures plus après l’accouchement.

Le risque d’insuffisance cardiaque sous-estimé

Le seul cas parmi ces cinq décès rapprochés n’ayant pas motivé l’ouverture d’une enquête est celui d’une Italienne de 23 ans de Foggia, dans le sud, décédée chez elle alors qu’elle approchait du terme de sa grossesse. Les médecins ont pu, grâce à une césarienne post-mortem, sauver sa petite fille. Un gynécologue de renom a estimé que pour certaines de ces victimes le risque de thrombose ou d’insuffisance cardiaque avait pu être sous-estimé dans les examens de suivi de fin de grossesse.

« Avec des examens préventifs nous aurions pu sauver tant de femmes en salle d’accouchement », a déclaré Rosalba Paesano, professeur de gynécologie à l’Université romaine La Sapienza. « Mais le ministère de la Santé ne dit pas qu’ils sont requis, en fait parce qu’il coûtent trop cher. Les procédures que nous avons en place sont obsolètes », a dit Mme Paesano au journal La Repubblica.

D’après la Banque mondiale, l’Italie a un taux de mortalité maternelle de 4 pour 100 000 naissances depuis 2004, l’un des plus faibles dans le monde.

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