dimanche, 21 juillet 2019

Ma servante, mon malheur

J’étais encore jeune fille lorsque j’ai été mariée à mon cousin. Il est le premier homme que j’ai connu. Ma mère avait essayé, à l’époque, d’empêcher mon père d’accorder ma main à ce jeune homme. Mais papa n’a rien voulu savoir, sous prétexte qu’il avait déjà donné sa parole.
Young African-American woman
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Mon cousin et moi, on ne se connaissait pas très bien. C’est après le mariage que j’ai appris à mieux le connaître. J’étais en classe de 3ème et je tenais à obtenir le BEPC, au moins. Alors, j’ai poursuivi les études avec l’accord de mon mari. C’est grâce à son père, un grand commerçant, que mon mari a trouvé sa voie dans les affaires. Il m’avait promis, comme cadeau, de m’offrir une voiture, une fois que j’obtiendrais le BEPC. Ce qu’il fit, car il m’aimait beaucoup, je le reconnais. Le problème est que moi, je n’arrivais pas à lui rendre l’amour qu’il me portait. Je regrettais cela. Et ça me rendait triste et malheureuse. Mais j’espérais que tout cela finirait par s’arranger, avec le temps.

Après le BEPC et le BAC (j’ai tenu à terminer mon cycle secondaire), mon mari a voulu que je me consacre au foyer. Pourtant, nous n’avions pas encore d’enfant, à ce moment-là. Le souhait de mon mari était que nous soyons parents. A contre cœur, mais aussi par respect pour lui, j’ai abandonné les études. Environ deux ans après, j’ai eu ma première grossesse. Et notre premier enfant est venu au monde.

Mais un jour, je suis tombée sur une annonce d’un concours d’entrée à la fonction publique. J’ai décidé d’y participer, encore une fois avec l’accord de mon mari. Je ne faisais rien sans son consentement. Le concours a marché ! Dès lors, il fallait trouver une femme de ménage pour s’occuper de l’enfant en notre absence. Mon mari a fait venir une de ses cousines du village. Elle était très jeune, très polie avec moi, à son arrivée. Elle s’occupait bien de la maison et me respectait comme le lui avait recommandé mon mari à son arrivée chez nous. J’aimais la fille si bien qu’il m’arrivait de lui donner quelques-uns des vêtements que je ne voulais plus porter. Au lieu de les jeter, je préférais les lui donner en cadeau. C’était aussi une façon pour moi de lui témoigner ma gratitude, car j’estime que les servantes sont aussi des êtres humains. Autant elles s’occupent bien des enfants qu’on leur confie, autant nous devons nous assurer de leur bien-être aussi.

La jeune fille a passé environ 5 ans chez nous. Ma 2ème fille est née en sa présence. Prise par le boulot, j’étais très fatiguée. Au bout d’un moment, j’ignore si c’était le cumul de fatigue, mais je me sentais de plus en plus mal. Je suis tombée malade. Pendant un long moment. Et c’est ma servante qui faisait tout pour moi. Elle était constamment à mon chevet et me disait : «tantie, laisse, je vais faire ça, faut te reposer», etc. Tout cela me touchait énormément et je m’étais promise, dès ma guérison, de lui faire une belle surprise.
Mais la situation ne s’améliorait pas et j’ai dû demander un congé maladie. Pendant tout ce temps, je faisais des analyses, des examens, des traitements, etc. Sans pour autant que mon état s’améliore significativement. J’étais devenue pâle et très faible. Quelquefois même, je faisais des rêves étranges dans lesquels je me retrouvais avec des personnes tout de blanc vêtues qui m’apportaient de l’eau dans une calebasse. Bizarrement, chaque fois, je refusais et me réveillais en sursaut, au milieu de la nuit. Curieusement, je n’arrivais pas à en parler à mon mari.

Un jour, j’ai fait l’effort d’accompagner ma servante au marché, afin de me dégourdir les jambes et en profiter pour prendre l’air. Pendant qu’on faisait les achats, une femme s’est approchée de moi. Elle m’a saluée comme si on se connaissait depuis longtemps. Puis, avec l’air de se préoccuper de ma santé, elle me demande ce que j’ai, vu que mon état ne passait pas inaperçu. Je lui ai expliqué que cela faisait en effet des semaines que je ne me sentais pas bien. Malgré les traitements, ça n’allait pas trop et je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Elle me demande alors de passer la voir, si cela ne me dérangeait pas. Elle me donne son numéro de téléphone. Arrivé à la maison, j’en ai parlé avec mon mari qui m’a aussitôt donné son accord. La dame m’a donné rendez-vous un vendredi.

Je n’arrêtais pas de me demander pourquoi cette dame voulait me voir. Elle m’a reçue très gentiment, dans son salon. En apparence, rien ne laissait voir que cette femme était, en fait, une voyante. Après quelques échanges, elle m’a alors parlé de plusieurs événements survenus dans ma vie et qui étaient d’une précision étonnante. Ainsi, j’étais rassurée que ce qu’elle me dirait pouvait être la vérité. C’est alors qu’elle m’a demandé de réfléchir, si avant ma maladie, je n’avais pas égaré un objet personnel dans la maison. J’ai réfléchi de longues minutes, mais je ne voyais pas. Pour m’aider, elle m’a dit que cela devait être quelque chose de très intime. Seulement, elle ne pouvait pas m’en dire d’avantage, puisqu’elle même ne savait pas. En lui posant des questions, elle m’a expliqué que c’était quelque chose que je portais. Or, je sais que j’avais l’habitude de donner à ma servante des vêtements que je ne portais plus. Mais est-ce que c’était cela ? Je l’ai dit à la dame. Elle m’a dit que ce n’était pas seulement ça. Finalement, elle m’a demandé de revenir la semaine suivante avec ma servante. Mais, elle m’a demandé de ne pas prévenir cette dernière, avant le jour-J. Le vendredi suivant, je suis revenue chez la dame en compagnie de la servante qui ne savait rien de l’endroit où je la conduisais. Une fois là-bas, elle a posé des questions à la servante, puis a fini par lui demander si, en dehors des vêtements qu’elle recevait de moi habituellement, elle n’avait pas pris autre chose. Une chose qu’elle avait peut-être eu peur de me demander. Elle a nié et semblait ne pas comprendre de quoi il était question. La dame ne s’est pas laissée décourager pour autant. Elle est entrée dans sa chambre et en est ressortie avec une petite calebasse contenant un liquide. Elle l’a tendue à ma servante pour qu’elle boive si elle était sûre et certaine de ne pas avoir menti. Contre toute attente, la servante a refusé de boire. Elle avait l’air, soudain paniquée. Alors, la dame lui a enjoint de dire la vérité. J’étais surprise et captivée par cette scène surréaliste. Ma servante s’est alors mise à table. Elle a reconnu avoir subtilisé un de mes soutiens-gorge. Mais ce n’était pas tout. Elle y avait ajouté un dessous de mon mari ! Elle avait donné le tout à un marabout à des fins mystiques. Le but était simple : me rendre stérile. Et, aussi, par la même occasion envoûter mon mari. Selon ses explications, en me rendant stérile, mon mari allait m’abandonner et n’aurait d’yeux que pour elle. Ma servante, à qui j’aurais donné le bon Dieu sans confession, voulait donc mon mari. Mais le pire, c’est que soit, le sortilège marchait et tout se passait comme prévu, soit, ça ne marchait pas. Dans ce cas, j’allais mourir en étant malade. Ma servante se confondait en excuses. Je la regardais sans le croire. Comment l’être humain pouvait-il être aussi diabolique ? Elle a été obligée de donner l’adresse de l’homme qui avait fait le «travail».
Je me dis que c’est Dieu qui a mis sur ma route cette bonne dame qui m’a aidé à m’en sortir. Ma bienfaitrice m’a dit qu’elle se chargerait de régler cette affaire qui me dépassait. Je lui ai remis en tout une poule, de la cola et quelques pièces de monnaie.

Quand j’ai informé mon mari de cela, il était si en colère qu’il a voulu battre la servante. Il n’arrivait pas à comprendre que sa propre cousine ait pu lui faire une chose pareille. J’ai dû m’interposer. A quoi bon ? Nous n’avons fait que la renvoyer. L’histoire s’est terminée ainsi et mon mari m’a demandé de rester à la maison désormais pour m’occuper des gosses. Il ne voulait plus entendre parler de servante.

J’ai été contrainte de démissionner de mon travail pour me consacrer aux tâches domestiques. Certes, toutes les servants ne sont pas pareilles, mais quand on a été mordu par un serpent, on se méfie des vers de terre. Dans mon cas, j’ai accepté de devenir femme au foyer parce que mon mari peut s’occuper des charges de la maison, seul. Je n’encourage donc pas les femmes à ne rien faire sous prétexte qu’elles gardent la maison. Au contraire, c’est par le travail que nous pouvons avoir le respect de nos maris et de la société. L’oisiveté est la mère de tous les vices. Pour finir, je souhaite une bonne année à toutes les lectrices et que Dieu veille sur chacun de nous.

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