dimanche, 16 juin 2019

Meylisa, ex-Harpe de David : “Il voulait le mariage, j’ai refusé”

Meylisa faisait partie du groupe chrétien La Harpe de David en 2003. A cette époque, avec Léa, Marina et Triphaine (qui a quitté le groupe), les filles ont révolutionné la musique religieuse. Après leur séparation quelques années plus tard, chacune choisit sa voie. Mélissa Irène Anne-Marie Gnéba, alias Meylisa se retrouve dans un studio d’enregistrement comme choriste. Aujourd’hui, l’ex-Harpe de David a sorti un maxi-single de trois titres baptisé ‘’Hèrè’’. Dans cette causerie, elle parle de ses copines et de sa vie.meylisa3

  • Cela fait très longtemps que les mélomanes n’ont plus de tes nouvelles. Où te caches-tu ?

– (Elle rit) Se cacher ? C’est trop dire. Pour le grand public, on me voit pas sur la scène comme par le passé. Mais dans le milieu du showbiz, je me fais entendre. Je travaillais tout ce temps-là comme choriste dans un studio d’enregistrement. J’étais également coach vocal. J’ai aidé beaucoup d’artistes dans la composition de leurs œuvres. J’ai aussi accompagné des artistes tels que David Tayorault, Aïcha Koné, DJ Arafat, Ayidissa en concert live.

  • Est-ce par un choix délibéré que tu es devenue choriste ?

– Oui, c’est par choix que je suis devenue choriste de studio. D’abord, j’aime beaucoup la musique. Et je l’ai développé comme passion. Je suis dans mon univers quand je me retrouve en studio. J’ai rencontré David Tayorault en 2003 au moment où j’étais avec la Harpe de David. Il s’est présenté à moi comme étant l’oncle à ma maman. J’ai commencé à le côtoyer dans son studio. Du coup, cela m’a plu. Avec lui j’ai commencé à apprendre la musique au vrai sens du terme. Parce que chanter en live et en studio, c’est deux mondes très différents. Cela m’a apporté un plus considérable dans mon évolution musicale en travaillant avec des artistes en studio.

  • Cela a-t-il été facile pour toi de passer de la musique chrétienne à celle dite profane ?

– (Elle rit) La musique, c’est la musique. Ce sont juste les textes  qui font la différence entre ce que les gens trouvent chrétien ou profane. On peut retrouver les pas de danse Gbégbé dans la musique à l’Eglise. Mais les textes parlent du Christ. La même musique peut se retrouver dans une chanson d’amour.

  • Mais les gens diront quelque part que Meylisa a lâché le Seigneur ?

– Les gens le disent déjà. Ils mélangent les choses. Je suis toujours chrétienne. Je vais toujours à l’Eglise. J’ai ma foi, ma vie chrétienne et ma relation personnelle avec Dieu. J’ai aussi la passion de la musique que je partage avec mon public et les artistes avec qui je travaille. Le fait que je chante des textes qui ne reflètent pas ce que j’ai chanté il y a quelques années en arrière ne veut pas dire que je ne suis plus chrétienne ou que j’ai choisi un autre chemin. Non et non !

  • Ton habillement non plus ne reflète pas celui d’un enfant de Dieu ?

– Sur ce point, je vais raffraîchir la mémoire de tout un chacun. La Harpe de David n’était pas un groupe chrétien comme les autres. Nous avons été la première formation chrétienne à révolutionner les choses. Nous avons chanté dans les maquis, les bars et autres. Des choses que les autres ne faisaient pas. On avait notre style différent dans la musique et dans notre manière de nous habiller. On a marqué notre génération. Il y avait une coupe de cheveux qui s’appelait La Harpe de David à l’époque. Je ne vois pas en quoi aujourd’hui mon style d’habillement choque ? Un artiste doit dégager quelque chose de fort. J’aime tout ce qui est chic et joli.

  • A un certain moment le succès de La Harpe de David vous était-il monté à la tête ?

– Forcément. On venait de rentrer dans un univers qui était nouveau pour nous. De l’anonymat, tu passes à l’exposition totale. Il y a des gens qui ne te connaissaient pas et qui mettent désormais un nom sur le visage. Tu es adulée de partout. Dans un premier temps, ce n’est pas facile. Tu changes de comportement sans t’en rendre compte. C’est clair que quand le succès monte à la tête, ce n’est pas facile.

  • Es-tu restée en contact avec tes anciennes copines de La Harpe de David ?

– Pour être honnête, on ne se voit pratiquement pas. Je suis dans le domaine du studio en tant que choriste. Je n’ai pas vraiment le temps. Marina est dans le domaine de l’esthétique et elle est à Yopougon. Mais une fois en passant, je l’appelle. Quant à Léa, elle est à Koumassi et ce n’est pas évident.

  • Pourquoi Meylisa a-t-elle mis du temps à rebondir sur la scène musicale ?

– Vous savez, chaque chose en son temps. Je n’étais pas prête à une certaine période pour sortir un album. J’ai eu beaucoup de sollicitations pour une production. Mais j’ai refusé. Des gens, quand ils me voyaient partager des scènes avec des artistes, disaient : ‘’avec tout le talent que tu as, pourquoi tu ne sors pas une œuvre ?’’. J’ai dit quand le temps viendra toutes les choses vont se disposer de telle sorte que je puisse le faire. Je n’étais pas prête et je voulais apprendre. J’avais besoin de côtoyer l’univers studio et le live pour apprendre auprès de mes devanciers.

  • C’est donc le résultat qui arrive ?

– Tout à fait ! Je donne dans l’Afrobeat et le Zouk. C’est un maxi-single de 3 titres baptisé ‘’Hèrè’’,  qui veut dire en Sénoufo ‘’bonheur’’. La chanson ‘’Toi et moi’’ (Zouk) parle d’amour, de mariage. Cette œuvre est en prélude à un album qui va sortir d’ici peu. Le maxi-single a été peaufiné au studio Musikolor de David Tayorault. Il est déjà disponible sur les sites de téléchargements payants.

  • Dans le titre ‘’Toi et moi’’, tu parles d’amour et de mariage ?

– Je parle des personnes qui se retrouvent dans des situations où le cœur est emballé par l’amour. Je parle du moment où on a envie d’être avec l’être aimé. Cela ne veut pas dire qu’il s’agit de moi.

  • Meylisa est-elle amoureuse ?

– (Elle rit) Je suis amoureuse de la musique. Je suis un être humain comme tout le monde. Et je veux bien me retrouver dans cette situation un jour. On a des émotions et on a envie d’être aimé. Mais pour l’instant je suis célibataire. Mon cœur est pris par la musique.

  • C’est vrai que ton cœur est pris par la musique. Mais tu partages ta vie avec quelqu’un ?

– Non ! Je partage ma vie avec ma fille de 8 ans et la musique. J’étais avec son père. Nous étions même fiancés et ça n’a pas marché.

  • Tu attendais le mariage qui n’est pas venu?

– Il voulait et j’ai refusé. Je lui ai dit d’attendre car on était très jeune à l’époque. J’avais 18 ans à cette période-là.

Par Patrick Bouyé

 

bouyepat@topvisages.net

Last modified on Wednesday, 22 June 2016 07:41

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