jeudi, 18 juillet 2019

Mon doudou a construit pour sa petite

Je voudrais partager ici, avec vous, une expérience que j’ai vécue il y a trois ans. Mariée depuis 28 ans, j’ai 3 enfants : une fille de 16 ans, deux garçons de 25 et 28 ans. Mon mari était très volage. Nous étions jeunes, à l’époque, et je fermais les yeux, en me disant qu’avec le temps, il finirait par s’assagir. Quand on a eu notre deuxième fils, mon souhait s’est réalisé.
Mon doudou a construit pour sa petite
Mon mari s’est montré plus présent. Il sortait de moins en moins et s’occupait de la famille. C’était comme je voulais. Ma patience avait payé et l’harmonie régnait dans notre couple. Cela a duré de longues années. Nous avons eu nos trois enfants qui sont tous devenus grands aujourd’hui. L’aîné est allé en France pour suivre ses études. Il travaille là-bas désormais. Nous nous sommes consacrés à l’éducation des deux autres. Jusqu’à ce que mon mari prenne sa retraite.

Lorsqu’il était en fonction, il avait réussi à monter une affaire dans le domaine de l’informatique. C’est à cela qu’il s’occupait désormais. Il n’était pas si vieux, alors il se permettait de travailler jusque tard, certains jours. Quand je lui disais que ce n’était plus de son âge, il trouvait le moyen de plaisanter en disant que l’homme doit gagner son pain à la sueur de son front et c’est pour cela qu’il est condamné à travailler durant toute sa vie. A ce niveau, il était un exemple.

Mais, il y a 5 ans, tout ce mythe du travailleur exemplaire a pris un coup. En effet, j’ai été informée que mon mari sortait avec une étudiante, de 20 ans, plus jeune que lui ! Je n’y ai pas cru tout de suite. Mais, vu le comportement de mon mari durant cette période, ça a semé un peu le doute en moi. Je ne sais pas si c’était de la jalousie de ma part, mais j’avais l’impression que mon doudou me faisait des cachotteries. Je sais que les femmes qu’il avait fréquentées autrefois étaient presque sans importance et cela ne m’avait pas dit grand-chose. Mais de là, à avoir une relation avec une fille qui pouvait être sa fille, je trouvais cela indécent. J’ai commencé à le traquer, à le surveiller de près, au point où il a fini par s’en rendre compte. Une dispute est survenue au cours de laquelle, sous la colère, il a avoué son infidélité. Je revenais de très loin. Pendant plusieurs jours, je l’ai boudé. Je refusais de lui parler. Plus tard, il s’est excusé, en me disant qu’il avait pris conscience de sa faute. Il promettait de ne plus recommencer. J’ai accepté car, malgré tout, nous étions si amoureux. Les choses se sont remises au calme. J’ai continué à prier le Seigneur pour qu’il veille sur mon mari et lui évite de tomber encore dans ses travers. Comme avant, mon mari a continué à travailler, à rentrer à la maison le soir, à passer les week-ends avec les enfants et moi. On sortait ensemble, on voyageait ensemble. Tout allait pour le mieux.

Quelques mois plus tard, un après-midi, j’ai été tirée de ma sieste par un appel téléphonique. Une femme affolée tenait à ce que je vienne voir mon mari. Etonnée, j’ai demandé ce qui se passait. Elle m’a dit que mon mari est venu lui rendre visite, mais il a piqué une crise et serait mal en point. Elle m’indique chez elle et je me précipite sans perdre une minute. Mais alors que je suis en route, elle me rappelle pour m’informer qu’il a été évacué dans une clinique. Je mets aussitôt le cap là-bas. Une fois arrivée, je trouve mon mari dans la chambre de réanimation. Mais la jeune femme qui l’a conduit était en pleurs. Face à son désarroi, j’ai dû la laisser partir lorsqu’elle m’en a demandé la permission. Sur le lit, mon mari ne pouvait pas parler. Le lendemain de son hospitalisation, il a rendu l’âme. Sans même que nous ayons pu échanger. Que s’était-il passé là-bas ? Qu’était-il allé faire chez cette jeune femme ? Bref, il est parti, laissant plein de questions sans réponses.
Après les obsèques, je me suis renseignée et c’est là que j’ai fini par avoir des réponses à mes questions. La jeune fille qui m’avait appelée au secours n’était autre que la petite étudiante avec laquelle mon mari entretenait une relation extraconjugale. Malgré les garanties qu’il m’avait données au début lorsque j’ai découvert l’affaire, il n’avait pas totalement coupé les ponts avec elle. Au contraire, il avait continué de la voir en cachette. Et la cerise sur le gâteau, mon mari a fait construire une maison et l’a mise au nom de la jeune fille ! Je ne pouvais pas laisser passer cela aussi facilement. J’ai porté plainte et entrepris des démarches pour que la maison revienne à mes enfants. Mais l’affaire est encore pendante à la justice. Les parents de la jeune fille sont entrés dans la danse et soutiennent que la maison revient à leur fille. Je n’entends pas me laisser faire.

Ce qui me ‘’tue’’ dans cette histoire, c’est le cynisme dont mon mari s’est montré capable durant toutes ces années. J’aurais bien voulu qu’il soit vivant pour que je puisse lui dire mes vérités. Tout compte fait, par respect pour sa mémoire et les longues années de vie commune, j’ai pardonné et mis cela sur le compte de l’erreur humaine. Je continue de prier Dieu dans l’espoir qu’un jour justice soit rendue, en faveur de moi et surtout des enfants qu’il a laissés derrière lui.

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