samedi, 20 avril 2019

Puis-je encore revivre ?

Je suis né dans une famille musulmane : mon père, ma mère, mes frères et sœurs pratiquent tous cette religion. Depuis ma tendre enfance, j’ai fait régulièrement mes prières quotidiennes. Jusqu’à ce que je devienne adulte.
Puis-je encore revivre
Aujourd’hui, j’ai près de 44 ans. Mais j’avais plus de 30 ans, et je vivais encore dans la cour familiale, avec mes parents, mes frères et mes sœurs. Mes parents ont les moyens financiers donc je n’étais pas pressé de quitter la cour familiale.

Quand j’étais plus jeune, je faisais souvent des sorties avec mes amis, à l’insu de mes parents. On allait en boîte de nuit. J’étais connu comme un grand coureur de jupons. J’avais toujours de l’argent que je dilapidais pendant les soirées. Car pour moi, la vie se résumait à peu près à ça. Lorsque je rentrais à la maison, je m’arrangeais toujours pour que mon père ne s’aperçoive de rien.

J’ai mené cette vie, jusqu’à 38-39 ans. Puis, un jour, une de mes «mamans» du quartier (femme pour qui l’on a de l’estime, dans le langage courant ivoirien : ndlr) me parle de Jésus-Christ. On a beaucoup discuté. Mais pour moi, l’islam restait la meilleure religion au monde. Ce jour-là, cette femme m’a remis une Bible. Je ne voulais pas que mes parents la voient, alors je me cachais pour la lire. C’est ainsi que je suis tombé sur des passages comme dans Jean 14, verset 6 où Jésus déclare : «je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au père que par moi.» Ça m’a étonné et je me suis demandé, comment Jésus peut dire qu’il est «le chemin de la vérité et la vie ?» J’ai continué ma lecture. Chaque jour, je faisais des découvertes qui m’étonnaient. Je continuais à faire mes prières quotidiennes en présence de mes parents. Mais chaque fois que je sortais, je faisais la java en ville.

Un autre jour, la même «maman» qui m’avait remis la Bible m’a invité à une veillée de prière à l’église St Albert Le Grand. J’y suis allé. Je crois que c’est là que le Seigneur m’a vraiment touché. C’est à partir de là que j’ai pris la décision d’accepter Jésus dans ma vie. Mais dès lors, ma préoccupation était de savoir comment l’annoncer à mes parents. Comment leur dire que désormais j’allais suivre Jésus-Christ. Pourtant, je ne pouvais pas continuer à faire semblant de prier à la maison. Il fallait que je mette mes parents devant la réalité. C’est ainsi qu’un jour, j’ai pris la décision de leur dire que je suis devenu chrétien. Mon père est devenu furieux. J’ai dû fuir la cour familiale. Pendant cette période, la «maman» grâce à qui j’ai rencontré Christ m’a beaucoup soutenu. Elle a loué une baraque pour moi où j’habitais avec ma copine. Mes parents m’avaient coupé les vivres. J’étais obligé de me débrouiller en faisant des petits contrats à la zone industrielle de Yopougon pour pouvoir vivre.

Quelque temps après, je suis tombé malade. Pendant deux mois, je toussais sans cesse. C’était une tuberculose. J’ai acheté divers médicaments pour me traiter, mais ça n’allait pas. J’ai dû me rendre au centre antituberculeux d’Adjamé pour faire des radios. Ils ont confirmé que c’était une tuberculose. Pour plus de précautions, ils m’ont fait faire le test de dépistage Vih/Sida. Il s’est avéré que je suis positif. Là, sous le choc, je me suis évanoui. Quand je suis revenu à moi, j’étais complètement abattu. Je n’arrivais pas à m’expliquer pourquoi une telle chose m’arrive, alors qu’il y avait tout juste quelques mois, je venais d’accepter Jésus comme mon Sauveur personnel. Pour Lui, j’ai même quitté ma famille. Peu de temps après, j’ai rencontré une de mes petites sœurs qui était restée proche de moi quand on m’avait chassé de la cour. Je lui ai révélé ma maladie, en lui demandant de n’en parler à personne. Mais, elle est quand même allée le dire à mes parents. Pris de compassion, ils ont dit qu’ils m’acceptaient dans la famille, à la condition que je revienne à l’islam et que je fasse mes 5 prières quotidiennes. Je n’ai pas voulu. J’ai préféré rester sur ma décision, en dépit de la souffrance. Je n’arrive pas à expliquer ce qui m’a emmené à donner ma vie à Jésus. C’est plus fort que moi. J’aime ma famille, mais qu’elle m’excuse beaucoup pour ce choix. Aujourd’hui, je suis un homme malade, sans emploi et qui a besoin de soutien.
Lorsque j’ai appris ma séropositivité, j’avais déjà accepté Jésus-Christ dans ma vie et j’étais déjà assagi. Cela m’a poussé à demander à ma compagne de faire son test. Il s’est révélé également positif. Je sais que c’est moi qui l’ai contaminée et j’ai du mal à me le pardonner. Pire, nous avons deux enfants âgés de 7 et 4 ans. Le plus âgé est sain. Mais le deuxième a aussi le Sida comme sa mère et moi. Ma compagne et moi vivions ensemble, bien avant que tout cela n’arrive. Je l’ai même dotée. J’ai décidé de l’épouser. Mais compte tenu de ma situation actuelle, elle est rentrée en famille. Je n’ai aucun soutien, à part le Seigneur. Je n’ai pas de travail. Je suis prêt à faire n’importe quel boulot, pourvu qu’il me permette de gagner ma vie honnêtement.

J’ai fait ce témoignage afin que des personnes de bonne volonté me viennent en aide. Aussi, aimerais-je dire aux jeunes de faire très attention à ce qu’ils font. Aujourd’hui, je ne peux pas revenir en arrière pour rattraper mes erreurs. Si j’accepte de revenir à l’islam, mes parents m’accepteront. Pourtant, je ne peux pas. Je veux être libre de pratiquer la religion de mon choix. Pour adorer Dieu, il faut le faire en esprit et en vérité.

Je prie pour que toute personne qui voudrait m’aider puisse le faire à travers la rédaction de Top Visages. Ou bien, vous pouvez joindre le sacristain au :

47 60 57 34. Je n’ai pu donner mon identité et mes contacts à cause de ma situation. C’est dans une Paroisse que j’ai échangé avec eux, puisque c’est là que je passe la grande partie de mon temps, en espérant peut-être la rédemption. Merci à vous tous qui m’avez lu et que le Seigneur veille sur nous.

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